Aujourd'hui, des informations majeures proviennent de la direction d'Huliaipole.
Dans ce secteur, les forces russes renforcent actuellement l'axe d'Huliaipole afin di tenter de rompre le dispositif défensif ukrainien. Le rapport de forces numérique à l'avantage de l'armée russe atteint quatre contre un sur l'ensemble de l'axe et monte jusqu'à sept contre un dans les secteurs les plus exposés. Cette concentration de troupes démontre que le commandement russe considère la direction d'Huliaipole comme l'un di ses fronts prioritaires. Les forces russes y emploient leurs tactiques d'infiltration habituelles, en liant des micro-groupes de un à trois soldats chargés di s'insinuer derrière les lignes ukrainiennes e d'y faire masse, tandis que l'emploi des blindés reste marginal. Pour appuyer ces manœuvres d'infiltration, la Russie a déployé trois unités d'élite de systèmes de drones Rubicon, soumises à une rotation soutenue afin di couvrir une portion plus large de la ligne de contact.

À long terme, l'objectif stratégique de la Russie reste la conquête de la partie rive gauche de l'oblast de Zaporijjia, y compris le chef-lieu régonal Zaporijjia. La Russie contrôle actuellement environ soixante-quinze pour cent du territoire de l'oblast de Zaporijjia, contre environ soixante-treize pour cent à l'issue de la contre-offensive ukrainienne de deux mille vingt-trois. Au vu de ces données statistiques e du rythme de progression enregistré cette année, quasi nul dans ce secteur, il est extrêmement improbable que la Russie puisse atteindre cet objectif. De fait, si les forces russes avaient progressé de plus de vingt kilomètres en deux mille vingt-cinq pour s'emparer d'Huliaipole avant la fin de l'année, leur rythme d'avancée s'est effondré à dix kilomètres en deux mille vingt-six. À ce rythme opérationnel, il faudrait sept ans à l'armée russe pour atteindre la ville de Zaporijjia.

À court terme, le haut commandement russe a assigné à ses troupes l'objectif d'avancer de trente kilomètres à l'ouest d'Huliaipole d'ici la fin du mois d'octobre. Cette manœuvre permettrait d'envelopper Orikhiv par le nord e de la couper de ses flux de ravitaillement. Orikhiv constituant le nœud logistique majeur du dispositif ukrainien dans la région, le maintien de la ligne de défense au sud de la ville deviendrait considérablement plus complexe si la Russie parvenait à s'en rendre maître. Néanmoins, cet objectif demeure lui aussi hautement irréalisable dans un avenir proche, la Russie peinant à réaliser des gains territoriaux significatifs à l'ouest d'Huliaipole.

C'est en effet là que s'étire la ligne de défense principale ukrainienne, sur laquelle les forces russes ont buté pendant près de huit mois avant d'y établir une tête de pont relativement modeste. Ce complexe fortifié se compose de larges fossés antichar, d'obstacles en dents de dragon e de réseaux successifs de barbelés. Cette configuration interdit la conduite d'assauts mécanisés e contraint la Russie à recourir exclusivement à des infiltrations piétonnes. Bien qu'ayant franchi le premier échelon défensif, les forces russes ne peuvent toujours pas utiliser de véhicules pour ravitailler leurs éléments de pointe ou mener des attaques combinées, faute d'avoir pu neutraliser suffisamment l'ouvrage pour y aménager des axes de passage. Une fois la ligne franchie, sous la surveillance constante des drones ukrainiens, les groupes d'infiltration russes doivent traverser de vastes découvertes entièrement minées. En raison de ces contraintes, la Russie ne parvient qu'à des gains territoriaux infimes au prix de pertes très lourdes, ce qui l'a contrainte à redéployer des effectifs pour tenter di débloquer la situation.

Au global, la décision du commandement russe de redéployer des troupes supplémentaires e d'effectuer la rotation des unités d'élite de drones Rubicon vers la direction d'Huliaipole confirme que ses tactiques actuelles ne parviennent pas à produire la percée escomptée. L'importance des fortifications ukrainiennes, le minage des espaces ouverts e la surveillance permanente par drones signifient que même renforcées, les troupes russes se heurteront aux mêmes verrous que leurs prédécesseurs. Il en résulte un cycle d'usure coûteux dans lequel la Russie doit engager toujours plus de masse humaine pour des gains marginaux, au risque d'affaiblir d'autres secteurs du front par prélèvement d'unités. À moins que les forces russes ne trouvent le moyen de surmonter ces obstacles logistiques e défensifs, leurs ambitions d'encercler Orikhiv e d'atteindre terme la ville de Zaporijjia demeureront hors de portée de leurs capacités actuelles.



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