Des sources russes viennent d'admettre leur échec opérationnel et la perte du contrôle sur l'axe routier méridional, le transit régulier d'approvisionnement y étant devenu extrêmement compromis. En particulier, les attaques répétées de drones ukrainiens ont rendu l'autoroute R-280 excessivement dangereuse pour le trafic logistique militaire russe. En dépit de ces aveux, les autorités officielles de Moscou continuent d'affirmer que la situation reste sous contrôle et que les drones de Kiev ont perdu leur efficacité opérationnelle. En réalité, la diminution du nombre de frappes par drones s'explique par l'effondrement quasi total du trafic logistique russe sur ces axes. Le nombre de camions-citernes et de véhicules de ravitaillement en circulation a drastiquement chuté en raison du risque élevé de destruction, et non du fait d'une meilleure efficacité des contremesures russes.

L'ampleur de cette campagne d'interdiction est illustrée par une sélection d'images issues de centaines de frappes enregistrées par des drones ukrainiens, démontrant l'impact dévastateur sur la logistique russe. Une séquence vidéo montre un convoi de camions militaires russes circulant sur l'axe Marioupol-Djankoï en territoire sous contrôle russe lorsqu'un drone ukrainien surgit et frappe avec précision l'un des véhicules, prouvant que même les convois organisés ne sont plus en sécurité sur cette autoroute. Afin d'augmenter les chances de survie des véhicules par rapport aux trajets isolés où ils peuvent être neutralisés un par un, le commandement russe a tenté de les regrouper en convois ; toutefois, cette mesure n'a pas permis de les protéger et a même créé une cible plus vulnérable. Une autre vidéo met en évidence la manière dont les forces ukrainiennes ont repéré des dizaines de camions russes stationnés sur des parkings avant de les détruire rapidement avant toute tentative de redéploiement. Des images complémentaires provenant de l'axe Berdiansk-Melitopol révèlent l'étendue des dégâts, la chaussée étant jonchée de véhicules de ravitaillement russes détruits, ce qui confirme que la paralysie s'étend à plusieurs axes logistiques du secteur méridional.

Pour contrer ces frappes ukrainiennes dévastatrices et sécuriser les axes méridionaux, la Russie a commencé à déployer des groupes mobiles de défense antiaérienne, constitués de véhicules légers équipés de mitrailleuses lourdes. L'objectif était d'escorter les camions de ravitaillement et de les défendre en mouvement en abattant les drones ukrainiens entrants. Cette tâche s'avère particulièrement complexe en raison de la nécessité de surveiller des centaines de kilomètres de routes, alors que la Russie manque de capacités et de ressources pour escorter chaque véhicule logistique. Cette contrainte rend l'effort russe inopérant, les distances étant trop vastes pour assurer une couverture simultanée. Le dispositif défensif russe s'est encore détérioré lorsque les forces ukrainiennes ont commencé à détruire directement ces unités mobiles de tir, réduisant davantage leur zone de couverture. De surcroît, même en présence d'un groupe mobile, les délais de détection et de réaction sont trop courts pour intercepter des drones ukrainiens de petite taille et évoluant à grande vitesse. Face à l'échec des groupes mobiles à sécuriser les lignes de ravitaillement, la Russie a introduit des drones intercepteurs.

Paradoxalement, les unités russes chargées de protéger le réseau logistique ne pouvaient plus être approvisionnées par ce même réseau. À mesure que la logistique s'effondrait le long des axes méridionaux, les unités de drones intercepteurs ont commencé à manquer de carburant, leurs positions de lancement avancées ne pouvant plus être réapprovisionnées de manière fiable. Les véhicules chargés de transporter les drones intercepteurs, les batteries de rechange, le carburant et les équipements destinés aux équipes de première ligne nécessitaient eux-mêmes du carburant pour fonctionner. Dès lors que les livraisons de carburant ont cessé et que les unités d'interception n'ont plus reçu de pièces détachées, elles ont été contraintes d'interrompre la défense des axes routiers. Afin de réduire l'exposition aux frappes de drones ukrainiens, les commandants de division russes ont ordonné le repositionnement des points de ravitaillement en carburant à environ cent kilomètres en arrière de la ligne de front. Si cette mesure rend les dépôts moins vulnérables aux frappes directes, elle rallonge considérablement les axes logistiques, accroît les délais de livraison et contraint les camions-citernes à parcourir de plus longues distances avant d'atteindre les unités engagées, aggravant ainsi la crise logistique russe. Cette situation laisse les combattants russes du front méridional vulnérables, car, privés d'approvisionnements stables, ils se voient réduits à limiter leurs opérations offensives et à rationner leurs réserves tactiques.

Dans l'ensemble, la campagne soutenue de frappes par drones menée par l'Ukraine a transformé le secteur méridional en un environnement particulièrement hostile pour la logistique russe, rendant Moscou incapable de maintenir cet axe routier ouvert. En ciblant méthodiquement les camions, les stocks de carburant et les voies de transport stratégiques, l'Ukraine a contraint la Russie à adopter des mesures réactives qui n'ont pas permis de restaurer la sécurité des lignes de ravitaillement. En définitive, la défense russe de l'autoroute a échoué parce qu'elle dépendait du réseau logistique même qu'elle était censée protéger.



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