Aujourd'hui, des informations pressantes proviennent du front nord de l'Ukraine.
Dans ce secteur, l'objectif de la prochaine grande opération offensive russe vient d'être identifié. Les rapports du renseignement ukrainien révèlent que la Russie planifie une manœuvre d'envergure contre les régions septentrionales de l'Ukraine. Le document souligne que, si la Russie ne dispose pas actuellement des reserves opérationnelles nécessaires pour lancer une telle entreprise, la mobilisation attendue de trois cent mille hommes d'ici la fin de l'année — dont le déclenchement est prévu après les élections du vingt septembre — fournira à Moscou la masse de manœuvre requise pour engager l'offensive.

Plus précisément, la planification russe prévoit la mobilisation d'un contingent minimal de six cent mille soldats s'étalant sur la fin de l'année deux mille vingt-six et l'année deux mille vingt-sept. Le renseignement militaire ukrainien estime que d'ici la fin de l'année en cours, la première moitié du contingent sera mobilisée, structurée et organisée en brigades constituées, permettant le déclenchement de l'offensive en janvier deux mille vingt-sept, soit dans un délai de quatre mois seulement. Les objectifs stratégiques d'une telle poussée consisteraient à franchir la frontière d'État dans les oblasts ukrainiens de Soumy, Kharkiv et Tchernihiv, afin de s'emparer des capitales régionales éponymes ou, à tout le moins, de les faire peser sous une menace directe. Le secrétaire du Conseil de sécurité nationale, de défense et de renseignement d'Ukraine indique néanmoins que Moscou s'emploie également à formaliser un accord avec Minsk pour utiliser de nouveau le territoire biélorusse comme zone de rechargement et de projection.

Comme développé à plusieurs reprises sur ce canal, la Russie et la Biélorussie procèdent à une extension massive de leurs infrastructures militaires, de leurs bases et des déploiements directs de forces russes en territoire biélorusse. Les experts militaires réitèrent leurs avertissements : à travers ces aménagements, la Russie façonne une zone de départ destinée à soutenir un effort militaire prolongé contre le nord de l'Ukraine. Ils soulignent que si ce scénario venait à se concrétiser, la ville de Kyiv elle-même pourrait redevenir l'objectif direct d'une progression terrestre russe.

Le commandant de la Garde nationale ukrainienne, Oleksandr Pivnenko, a confirmé la réalité de ces menaces, précisant qu'avec un renfort de trois cent mille à six cent mille hommes, la Russie pourrait s'enfoncer de dix à vingt kilomètres dans la zone frontalière septentrionale de l'Ukraine. Il a toutefois souligné qu'il s'agirait là de la portée maximale de l'avancée russe, et que les forces de Moscou ne seraient absolument pas en mesure d'approcher à nouveau de Kyiv. Dès lors, l'objectif principal et le résultat probable de cette offensive ne seraient pas la prise directe des capitales régionales, mais le fait de les fixer sous pression afin de contraindre l'état-major ukrainien à une redéploiement de ses forces.

À l'heure actuelle, le gros des forces terrestres ukrainiennes est concentré sur la défense du front oriental, le long des régions de Donetsk, Louhansk, Dnipropetrovsk et Zaporijjia, d'autres éléments étant positionnés dans la région de Kherson ainsi que le long de la frontière internationale à Kharkiv. Si ces unités étaient contraintes de se redéployer vers le nord, cela créerait des opportunités opérationnelles pour les formations russes à l'est, leur permettant d'obtenir des gains territoriaux plus marqués et de consolider leur emprise sur le Donbass. Toutefois, la Russie enregistre actuellement dans l'est un taux d'attrition supérieur à ses capacités de renouvellement, et les assauts continus sur l'ensemble de la ligne de contact ne lui ont pas permis de constituer de reserves opérationnelles majeures, les nouvelles recrues étant quasi immédiatement engagées dans les attaques de première ligne. De surcroît, dans plusieurs secteurs, les forces ukrainiennes reprennent l'initiative ou imposent un blocage tactique interdisant toute progression. Cela implique qu'une part importante des effectifs mobilisés après les élections devra impérativement venir renforcer les formations russes dans l'est afin de maintenir leur posture offensive. Plus Moscou devra consacrer de réserves à l'est pour atteindre ses objectifs prioritaires dans le Donbass, moins elle disposera de troupes pour mener une invasion depuis le nord, ce qui la contraindra à revoir ses ambitions à la baisse sur ce théâtre. Quel que soit son degré de réussite ou d'échec, la menace d'une nouvelle offensive russe dans le nord de l'Ukraine demeure une réalité tangible, dont l'issue dépendra exclusivement de la capacité de l'Ukraine à y opposer un dispositif de riposte adéquat.

En résumé, la prochaine vague de mobilisation que la Russie projette de lancer à l'issue des élections législatives ce mois-ci fournira au haut commandement russe un flux massif de combattants redéployables. Le renseignement ukrainien et les commandants militaires avertis des plans russes soulignent qu'il est très probable qu'une large part de ces réserves soit affectée à de nouvelles opérations transfrontalières vers les régions du nord. Le fait que la Russie et la Biélorussie développent activement leurs infrastructures militaires le long de la frontière biélorusse indique qu'une telle offensive pourrait également être déclenchée depuis le territoire biélorusse lui-même. Cependant, les récents succès tactiques ukrainiens dans l'est pourraient contraindre la Russie à réorienter un grand nombre de ces mobilisés pour alimenter ses offensives orientales, réduisant d'autant le niveau de risque pour les régions septentrionales de l'Ukraine ; sans annuler totalement la menace, il appartient désormais à l'Ukraine de concevoir et de préparer une riposte défensive efficace.



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