La Russie se prépare à une troisième guerre de Tchétchénie alors que la santé de Ramzan Kadyrov se détériore

Jan 19, 2026
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Aujourd’hui, des informations importantes nous parviennent de la Fédération de Russie.

Ici, Moscou avance sur une corde raide afin de maintenir la Tchétchénie turbulente et traditionnellement rebelle stable et sous contrôle. Or, alors que l’état de santé du dirigeant de cette petite république s’est fortement dégradé, une lutte de pouvoir a éclaté, susceptible de raviver un nouveau conflit, car il existe désormais un risque réel que Moscou perde le contrôle de la situation.

Le déclin de santé de Ramzan Kadyrov, évoqué depuis longtemps par des rumeurs, est revenu sur le devant de la scène à la suite d’informations faisant état d’une nouvelle hospitalisation et d’une insuffisance rénale sévère. Fin décembre 2025, il a manqué plusieurs événements clés et a nécessité des soins intensifs à Moscou, certaines sources affirmant qu’il suivrait désormais un traitement de dialyse de retour en Tchétchénie.

Kadyrov est considéré comme l’autorité unique maintenant la Tchétchénie dans le rang, car il contrôle personnellement les forces de sécurité, réprime les clans rivaux, impose la loyauté envers Moscou et empêche tout retour au séparatisme et à l’insurrection. Cette stabilité est personnalisée et coercitive, et si sa capacité à gouverner s’affaiblit, des rivalités longtemps étouffées pourraient ressurgir, faisant courir un risque de fragmentation et obligeant le Kremlin à intervenir pour conserver le contrôle.

Les successeurs potentiels de Ramzan Kadyrov se répartissent entre membres de la famille, élites sécuritaires et administrateurs alignés sur Moscou. Magomed Daudov, président du parlement tchétchène et Premier ministre, gère les rouages politiques internes et la répression, incarnant une continuité institutionnelle susceptible de séduire le Kremlin, ce qui en fait un candidat capable de maintenir la stabilité du système. Apti Alaudinov, commandant des forces spéciales Akhmat, dirige des unités tchétchènes en Ukraine et assume une responsabilité directe sur le champ de bataille, ce qui le rend populaire auprès des cercles militarisés et signale une loyauté visible envers Moscou. Akhmat Kadyrov, le fils aîné de Ramzan âgé de vingt ans, occupe les fonctions de vice-Premier ministre par intérim et de ministre des Sports, offrant à Moscou une option dynastique permettant de préserver l’emprise du clan Kadyrov sans bouleversement immédiat. Si l’option la plus populaire, le fils de Kadyrov, était choisie, cela contribuerait à maintenir l’équilibre du pouvoir. De nombreux Tchétchènes craignent qu’un changement de clan dirigeant n’affecte leur situation financière, car les élites ont bénéficié du pouvoir de Kadyrov, ce qui les rend toutefois plus loyales à sa personne qu’à Poutine ou à Moscou. Malgré les rivalités entre prétendants, c’est à Moscou que se décidera qui héritera réellement du pouvoir de Ramzan Kadyrov.

Le précédent est explicite, puisque le père de Ramzan Kadyrov, Akhmat Kadyrov, avait d’abord combattu la Russie avant de changer de camp, puis d’être assassiné avec, selon certaines rumeurs, une acceptation tacite de Moscou. Ramzan a accepté le marché qui lui a alors été proposé : le pouvoir et les ressources en échange d’une loyauté absolue. La légitimité en Tchétchénie est donc construite, et non héritée, et repose sur l’aval du Kremlin. L’État russe privilégie l’obéissance à la popularité ou à la filiation, et quel que soit le successeur choisi, il sera présenté comme l’héritier légitime par les médias d’État russes.

Malgré cela, un affrontement pourrait émerger si les élites tchétchènes ou des forces populaires soutiennent un successeur localement favori que Moscou rejetterait, créant une dualité de pouvoir. À l’inverse, un dirigeant imposé par le Kremlin pourrait se heurter à la résistance de réseaux conservant un sentiment pro-kadyrovien ou anti-russe malgré des années de répression. Chacune de ces discordances risque de fragmenter le pouvoir, de raviver les rivalités claniques et de contraindre le Kremlin à une intervention directe. De tels scénarios exposeraient la fragilité de la stabilité une fois le contrôle personnel de Kadyrov affaibli et augmenteraient la probabilité d’un nouveau conflit.

Une succession contestée pourrait rapidement dégénérer en assassinats, purges au sein des élites et manifestations réprimées par la force. Dans un scénario plus radical, des factions armées pourraient mobiliser leurs propres partisans, transformant une crise politique en violence ouverte et faisant planer la menace d’une troisième guerre tchétchène. Les Kadyrov ou des groupes rivaux pourraient redéployer des combattants aguerris revenus d’Ukraine pour contester toute décision, rappelant la dynamique de la tentative de coup de force de Wagner. Des assassinats ciblés, des opérations de répression et une possible résurgence de l’insurrection déstabiliseraient la république et mettraient à rude épreuve la capacité de Moscou à contenir toute propagation, d’autant plus que la guerre en Ukraine s’apprête à entrer dans sa quatrième année.

Dans l’ensemble, même si les événements n’aboutissent pas à une troisième guerre tchétchène, une lutte pour le leadership en Tchétchénie comporte des risques considérables. La stabilité de la région repose sur un système coercitif personnalisé dépourvu d’institutions durables. Toute transition mettra à l’épreuve la capacité de Moscou à équilibrer clans, forces de sécurité et réseaux de patronage sans déclencher de violences.

À un moment où la Russie est déjà fortement sollicitée sur les plans militaire, économique et politique, une crise de succession en Tchétchénie menace de détourner l’attention et les ressources. Même une transition maîtrisée exigera une surveillance constante, tandis qu’une transition mal gérée pourrait allumer un nouveau conflit interne au pire moment possible pour le Kremlin.

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