Aujourd’hui, les mises à jour les plus importantes viennent des cieux ukrainiens.
Les hélicoptères ukrainiens et les avions d’entraînement Yak-52 qui traquent les drones russes font désormais face à de nouvelles menaces, suite aux récentes améliorations apportées par les Russes. Les drones kamikazes Shahed sont désormais modifiés et armés de missiles air-air R-60, les Russes espérant ainsi trouver une réponse à la campagne aérienne ukrainienne qui a déjà détruit des milliers de leurs drones Shahed et Geranium.

La Russie a commencé à déployer la version russe des drones Shahed, le Geran-2, équipé de missiles air-air à courte portée R-60 d’époque soviétique. Cette modification transforme les drones Geran-2 en chasseurs, leur permettant de cibler et d’engager les intercepteurs ukrainiens en vol.

Le premier cas confirmé s’est produit lorsqu’un drone ukrainien Sting a abattu un Geran-2 armé avant que le drone russe ne puisse tirer son missile. Des images exclusives et des photos des débris ont confirmé que le missile R-60 est monté sur un pylône en ligne centrale du drone Geran-2.


D’autres rapports, notamment des renseignements ukrainiens, ont révélé cette amélioration, montrant un missile R-60 allégé combiné à des caméras frontales et un contrôle en temps réel par un opérateur russe via un réseau maillé. Cette mise à jour permet aux Russes de suivre visuellement et de tirer sur des cibles approchantes comme les hélicoptères, les Yak-52 et même les avions tactiques.

Bien qu’aucun appareil ukrainien n’ait été perdu face à ces missiles montés sur drones, cette modification remet en cause les tactiques d’interception habile et peu coûteuse de l’Ukraine. Cette nouvelle menace oblige les pilotes ukrainiens à s’approcher plus prudemment, sous peine d’être frappés par les drones armés de missiles.

Depuis fin 2024, les voilures tournantes et les avions d’entraînement à pistons ukrainiens sont devenus le principal contre-mesure nocturne face aux vagues lentes et basses des Geran, les équipages d’hélicoptères revendiquant à eux seuls plus de 3 200 kills confirmés en décembre 2025, auxquels s’ajoutent de nombreuses destructions par les unités de Yak-52. Opérant à des altitudes et vitesses similaires, ces plateformes habitées détectent visuellement les drones, engagent avec des mitrailleuses, des fusils à pompe ou des roquettes à fragmentation à courte distance, et obtiennent un taux de réussite de 70 à 90 % pour une fraction du coût d’un tir SAM. Cette approche asymétrique perturbe fortement le ratio coût-efficacité prévu par la Russie, obligeant Moscou à s’adapter ou à accepter des rendements décroissants de ses campagnes massives de drones.

La modification R-60 n’est pas destinée aux avions occidentaux performants comme les F-16 ou les Mirage 2000, qui sont plus agiles, volent plus vite et plus haut, et interceptent généralement les Shaheds avec des missiles longue portée à distance de sécurité. Elle cible spécifiquement les hélicoptères et Yak-52 lents et volant bas, stationnés dans les corridors de drones en attente d’un contact visuel. Le R-60 confère au Geran, autrement vulnérable, une menace crédible sur le flanc de ces intercepteurs, dissuadant potentiellement les poursuites agressives et rétablissant une certaine sécurité pour les essaims de drones pénétrant l’espace aérien ukrainien.


La guerre aérienne au-dessus de l’Ukraine est devenue un cycle implacable d’adaptation, les deux camps contrant rapidement les innovations de l’autre dans la campagne de drones. L’utilisation par l’Ukraine des Yak-52 et des hélicoptères Mi-8 ou Mi-24 comme intercepteurs peu coûteux a forcé la Russie à s’adapter en élevant l’altitude de vol des drones, en utilisant des leurres et en prolongeant les attaques. Malgré ces mesures, des milliers de Shaheds sont encore tombés sous les tirs de mitrailleuses et les roquettes à fragmentation.

En réponse, la Russie a amélioré certains Shaheds avec des flux vidéo en temps réel, un réseau maillé et même des missiles R-60, transformant ces drones kamikazes en menaces actives capables de riposter contre les intercepteurs.

Cela oblige à son tour l’Ukraine à repenser ses tactiques, les pilotes maintenant conservant des distances de sécurité plus importantes, réduisant les taux d’interception. Cependant, la production et l’utilisation croissante de drones intercepteurs comme le Sting rendent l’installation de missiles air-air plus coûteux un désavantage net pour les forces russes.

Chaque nouvelle contre-mesure érode l’avantage de coût de l’adversaire, poussant les deux camps vers des innovations techniques de plus en plus complexes et de nouvelles méthodes pour se surpasser mutuellement, la domination aérienne se décidant non par des combats traditionnels mais par la capacité à neutraliser efficacement les menaces de drones produits en masse.

Dans l’ensemble, l’armement des drones Geran-2 avec des missiles R-60 remet directement en cause les tactiques d’interception habiles et peu coûteuses de l’Ukraine, menaçant de renverser l’avantage d’attrition que Kyiv a obtenu grâce aux hélicoptères et aux Yak-52. En transformant des drones kamikazes bon marché en défenseurs actifs de leurs propres essaims, Moscou réimpose un risque aux pilotes ukrainiens et oblige à dépenser davantage de missiles SAM ou de munitions occidentales rares. Cette escalade rétablit certains éléments du ratio coût-avantage favorable à la Russie dans la guerre des drones, démontrant que l’adaptation technique persistante peut neutraliser même les contre-mesures asymétriques les plus ingénieuses. Dans un conflit défini par la capacité à exploiter la masse à faible coût, ces Shaheds armés signalent la détermination de la Russie à reprendre l’initiative dans les cieux.


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