Des forces soutenues par la Russie reprennent la capitale du Soudan

Jan 25, 2026
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Aujourd’hui, les nouvelles les plus importantes viennent du Soudan.

La guerre civile soudanaise a contraint le gouvernement soudanais à un exil prolongé à Port-Soudan, son avant-poste oriental sur la mer Rouge, tandis que la capitale Khartoum est restée en ruines sous le contrôle de forces paramilitaires pendant près de trois ans. Pourtant, ce développement masque une consolidation russe plus profonde, transformant le Soudan en point d’accès de Moscou à la mer Rouge, précisément au moment où les vulnérabilités s’accumulent autour de sa base navale historique à Tartous, en Syrie.

Les Forces armées soudanaises ont été soutenues par des proxies russes, recevant armes, formation et conseils opérationnels d’éléments Wagner rebaptisés opérant désormais sous le nom d’Africa Corps.

Elles ont obtenu une percée décisive en reprenant entièrement Khartoum en mars 2025. Ce développement est survenu après près de deux ans de combats urbains épuisants contre les Forces de soutien rapide. Les unités soudanaises soutenues par la Russie ont méthodiquement chassé les combattants des Forces de soutien rapide des quartiers clés.

Avec la zone stabilisée et débarrassée des principales menaces, le gouvernement soudanais, longtemps déplacé vers sa base de guerre orientale à Port-Soudan, a désormais jugé les conditions suffisamment sûres pour revenir officiellement dans la capitale meurtrie du pays après près de trois ans d’exil. Cela marque un rare tournant positif pour les proxies russes au Soudan, permettant aux forces alignées sur Moscou de consolider le contrôle du cœur politique du pays et de projeter une image de dynamique malgré l’attrition généralisée de la guerre civile.

L’intérêt de la Russie pour la région a augmenté après la chute du régime d’Assad en Syrie fin 2024. Cela a mis en évidence des vulnérabilités aiguës dans la posture méditerranéenne de Moscou, plaçant sa seule base navale outre-mer à Tartous sous menace persistante face aux dynamiques locales changeantes. Les conditions d’accès restreintes avec les nouvelles autorités, ainsi que la pression plus large des engagements russes ailleurs, notamment en Ukraine, ont complètement modifié la capacité opérationnelle de Tartous. Port-Soudan est ainsi devenu l’alternative stratégique indispensable pour la Russie, offrant un hub logistique sur la mer Rouge capable de soutenir des opérations navales.

Cela a également permis de surveiller la mer Rouge et de projeter l’influence de la Russie en Afrique et dans l’océan Indien face aux incertitudes de Tartous. Le contrôle de cette porte d’entrée permet à Moscou de sécuriser ses lignes d’approvisionnement, d’accueillir des navires et de contrer la présence occidentale dans une voie navigable qui transporte environ 12 % du commerce mondial, sans être exposé aux troubles régionaux qui handicapent désormais Tartous. Perdre le Soudan priverait la Russie de ce repli vital, l’empêchant d’avoir un accès fiable aux eaux chaudes au sud de la Méditerranée et limitant fortement sa capacité à maintenir des ambitions de haute mer ou à soutenir des opérations de proxies à travers le continent.

Le soutien de la Russie aux Forces armées soudanaises reste délibérément indirect et limité en ampleur, car une intervention directe à grande échelle est irréalisable compte tenu des ressources étirées de Moscou. À la place, Moscou canalise son appui via des livraisons d’armes, de la formation, des conseils opérationnels fournis par les unités de l’Africa Corps et de l’aide logistique, le tout calibré pour renforcer les Forces armées soudanaises sans engager de troupes russes au combat en première ligne.

Cette approche découle d’un calcul transactionnel clair : Moscou cherche à financer et équiper suffisamment les Forces armées soudanaises pour repousser les Forces de soutien rapide et stabiliser Khartoum. En assumant ce rôle de bienfaiteur pour les forces gouvernementales, la Russie se positionne pour tirer des avantages politiques et exercer une influence sur le gouvernement de retour.

Le prix ultime est un accès élargi ou formalisé à Port-Soudan, capitalisant sur des années de négociations pour un hub logistique naval. Les gains récents des Forces armées soudanaises, y compris la reprise de la capitale, servent de levier à Moscou pour négocier un accord à long terme en échange du maintien du soutien militaire. Perdre cette position priverait la Russie de son alternative la plus viable sur la mer Rouge, rendant l’investissement proxy durable une nécessité calculée plutôt qu’un engagement idéologique.

Dans l’ensemble, l’orchestration par la Russie de la reprise de Khartoum par les Forces armées soudanaises et du retour du gouvernement dans la capitale marque une accélération calculée de Moscou pour sécuriser un repli permanent sur la mer Rouge alors que Tartous risque de lui échapper. En investissant juste ce qu’il faut en soutien proxy pour faire basculer la balance, la Russie a acquis un levier pour formaliser l’accès à Port-Soudan, transformant un fragile avant-poste africain en point d’accès maritime indispensable sur la mer Rouge.

Pourtant, cette même capacité limitée expose la fragilité de l’arrangement, où toute intervention décisive par des puissances moins contraintes pourrait rapidement éroder les gains de Moscou et le laisser sans accès viable au sud. En fin de compte, la transformation du Soudan en repli de Tartous souligne combien les empires étirés doivent désormais chercher à diversifier leurs appuis à haut risque via des proxies à faible coût, en acceptant que chaque avantage stratégique reste temporaire dans une ère d’attrition géopolitique accélérée.

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