La Russie déploie sa marine pour briser le blocus européen (mais au mauvais endroit)

Jan 24, 2026
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Aujourd’hui, les nouvelles les plus importantes viennent de l’alliance russo-iranienne.

Ici, la Russie et l’Iran mettent désormais leurs forces navales en mer alors que leurs réseaux d’acheminement contournant les sanctions subissent une pression constante, avec des abordages et saisies physiques de plus en plus fréquents. Cependant, ce qui ressemble à une démonstration de force de l’axe de résistance se déroule différemment de ce que l’on pourrait attendre au premier abord.

La Russie et l’Iran ont lancé des exercices navals conjoints, présentés publiquement comme des missions de protection du commerce maritime, tandis que des membres de l’alliance BRICS y participent à divers titres. Ces manœuvres, décrites comme défensives, s’étendent le long des voies maritimes reliant l’océan Indien au Golfe Persique, à la mer Rouge et à la route du Cap en Afrique du Sud, permettant à la Russie et à l’Iran de présenter l’exercice comme une réponse aux menaces croissantes contre le commerce maritime. Des navires de guerre arrivent dans les ports, des formations sont mises en place, et des images sont produites de manière spectaculaire pour montrer mobilisation et détermination, dans le but de dissuader en signalant que leurs marines sont prêtes à répondre à toute ingérence extérieure sur leurs navires, sanctionnés ou non.

Le déclencheur de cette mobilisation est l’accumulation des pertes, avec 624 navires de la flotte fantôme désormais sanctionnés par l’Union européenne, 12 pétroliers abordés ou détenus dans la mer Baltique et la mer du Nord, et sept navires saisis ou placés sous enquête par les États-Unis dans l’Atlantique. L’Ukraine a ajouté sa propre pression en frappant cinq pétroliers de la flotte fantôme soutenant les exportations russes dans la mer Noire, un en Méditerranée et un au large du Sénégal, transformant le risque juridique en risque physique. Surtout dans la Baltique, les abordages répétés près de l’Estonie et de la Finlande ont montré à quelle vitesse les navires sous pavillon de complaisance deviennent vulnérables dès qu’ils entrent dans des passages étroits contrôlés par des membres de l’OTAN.

Un abordage ne crée pas seulement un titre dans la presse ; le navire est contraint de ralentir, de se conformer et de dévier sa route, tandis que les équipages sont interrogés, les documents vérifiés et les assureurs ou acheteurs bloquent les paiements jusqu’à clarification du statut légal. Même une détention temporaire peut retirer un pétrolier du service pendant des semaines, ce qui compte car la flotte fantôme dépend d’une rotation constante et non de quelques voyages protégés. Dans ce contexte, l’emplacement des exercices navals russo-iraniens est révélateur : les manœuvres se déroulent au large de la côte est-africaine, à des milliers de kilomètres des routes où la plupart des pertes de la flotte fantôme se sont produites. Une formation navale opérant près de l’Afrique du Sud n’escorte pas les pétroliers à travers le détroit danois, ne dissuade pas les inspections près de l’Estonie, ne protège pas les traversées atlantiques et ne met pas les navires à l’abri des frappes ukrainiennes dans la mer Noire et en Méditerranée.

Les exercices se tiennent en eaux permissives car opérer plus près des zones de saisie placerait immédiatement les navires russes et iraniens sous surveillance constante de l’OTAN et sous pression militaire. Escorter des pétroliers dans la Baltique ou la mer du Nord impliquerait des patrouilles aériennes continues, un suivi naval et l’autorité des garde-côtes, où même une inspection de routine pourrait dégénérer en incident direct et incontrôlable. L’Iran est encore plus limité, car projeter et maintenir une couverture navale dans le nord de l’Europe exige des infrastructures, des ports et de l’endurance dont il ne dispose pas, tandis que tout déploiement avancé serait exposé au suivi et à la pression politique bien avant de pouvoir protéger un seul pétrolier. En conséquence, la flotte fantôme reste exposée là où elle opère, tandis que la Russie et l’Iran ne tirent des exercices que des images et des signaux, utiles pour les audiences nationales et en ligne. Les corridors atlantiques, méditerranéens et baltiques restent sous surveillance occidentale, autorité légale et proximité de ports capables de retenir les navires.

Dans l’ensemble, la pression est appliquée par des régimes qui transforment la violation des sanctions en un risque physique et juridique en mer. Ce qui disparaît, c’est la capacité de la Russie et de l’Iran à déplacer du pétrole sanctionné avec prévisibilité et protection sur plusieurs routes maritimes. Les exercices navals organisés loin des zones de saisie ne peuvent ni réduire le risque d’abordage, ni empêcher les détentions là où le pétrole circule. En signalant leur intention sans fournir de protection, cette mobilisation encourage un renforcement des contrôles, car elle montre que la Russie et l’Iran sont incapables ou peu disposés à protéger leurs pétroliers là où les saisies ont lieu, réduisant ainsi le risque perçu pour les États procédant aux abordages. Cela entraîne des inspections plus agressives et un rythme accru de saisies, alors que les opérateurs de la flotte fantôme restent exposés dans des eaux contestées.

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