De la mer Noire à l’Atlantique, les pétroliers russes sont neutralisés un par un

Jan 17, 2026
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Aujourd’hui, les informations les plus importantes viennent de la flotte fantôme russe.

Ici, des événements qui se déroulent bien au-delà des côtes ukrainiennes indiquent un changement dans la manière dont la pression est exercée sur l’économie de guerre russe. En l’espace de quelques jours, des actions menées dans deux mers éloignées se sont alignées dans leur timing et leurs effets, fermant des routes sur lesquelles Moscou comptait pour maintenir ses exportations de pétrole.

Sur une courte période, les États-Unis et l’Ukraine ont frappé la logistique maritime russe dans des théâtres différents. Dans les Caraïbes, les forces américaines ont procédé à la saisie du pétrolier Olina, un navire de la flotte fantôme sans pavillon, opérant sous une fausse identité et inscrit sur plusieurs régimes de sanctions, le retirant du service alors qu’il se trouvait encore en mer. Dans le même temps, un pétrolier à destination de la Russie en mer Noire a été frappé par un drone près de la côte nord de la Turquie, subissant des dégâts suffisants pour l’obliger à s’arrêter, à demander assistance et à se soumettre à une inspection au lieu de poursuivre vers le port de Novorossiïsk. Il s’agissait d’interventions retirant des navires de la circulation, et non de simples déclarations ou avertissements.

Du côté américain, l’opération s’est concentrée sur la saisie de l’Olina, un pétrolier de la flotte fantôme précédemment sanctionné sous un autre nom pour le transport de pétrole russe et opérant désormais sans pavillon valide. Des patrouilleurs des garde-côtes américains ont procédé à l’arraisonnement du navire dans les eaux caribéennes en vertu du droit international, marquant le troisième pétrolier lié à la Russie à passer sous contrôle américain en seulement deux jours. Cette saisie s’inscrit dans une campagne plus large d’application des sanctions visant les pétroliers de la flotte fantôme transportant du brut vénézuélien et lié à la Russie, retirant discrètement ces navires de la circulation avant qu’ils ne puissent achever leurs itinéraires.

À l’autre extrémité de la route, la frappe ukrainienne a visé un pétrolier transitant par la mer Noire et se dirigeant vers un point de chargement de brut russe. L’attaque de drone a causé des dégâts visibles sur le pont et dans la zone des machines, stoppé la progression du navire et déclenché une demande d’assistance auprès des garde-côtes turcs. Le navire étant vide au moment de l’attaque, aucun déversement de pétrole ni blessure parmi l’équipage n’a été signalé, mais le voyage a été totalement interrompu. Pour un navire opérant avec des calendriers serrés et des marges faibles, cette interruption a autant d’impact qu’une destruction pure et simple.

L’alignement de ces actions était délibéré, appliquant une pression simultanée sur la logistique maritime russe depuis les deux extrémités. Avec des saisies dans l’Atlantique et les Caraïbes et une frappe en mer Noire, la Russie fait désormais face à des perturbations sur chacune des grandes routes maritimes dont elle dépend, plutôt qu’à une pression concentrée dans une seule zone contestée. Cela représente un nouveau sommet dans les opérations contre la flotte fantôme, où l’application des mesures n’est plus absorbée localement mais exercée sur plusieurs mers à la fois, laissant moins d’itinéraires de repli et dissipant l’hypothèse selon laquelle les pétroliers pourraient simplement contourner les zones à risque. Ce qui a changé cette semaine, c’est le passage des États-Unis des sanctions et de la surveillance à une application directe en mer, alignant leurs actions en temps réel avec les frappes ukrainiennes.

En conséquence, la question centrale pour la Russie n’est plus de savoir par où rediriger les cargaisons, mais s’il est encore possible de mener un voyage à terme sans interruption.

L’effet pratique est qu’en plus de ces actions, la mer Baltique est déjà de plus en plus surveillée, et les transits à proximité des côtes de l’OTAN comportent un risque croissant d’interception. Pour compenser, les pétroliers empruntent des itinéraires plus longs, contournent les zones contrôlées, stationnent au large en attendant la fin des patrouilles et évitent autant que possible les goulets d’étranglement. Chacun de ces choix ajoute de la distance, du temps et des coûts, et un voyage qui suivait autrefois la route commerciale la plus courte nécessite désormais de longs détours. Ces coûts supplémentaires s’accumulent rapidement, car des trajets plus longs réduisent le nombre de rotations qu’un pétrolier peut effectuer chaque année, et même lorsque les navires ne sont ni saisis ni frappés, l’effort nécessaire pour échapper à l’application des mesures sur plusieurs mers réduit directement la rentabilité et la capacité. En pratique, l’application mondiale transforme chaque mille parcouru en passif, réduisant la flotte fantôme utilisable de la Russie non par la destruction, mais par le coût et l’inefficacité.

Dans l’ensemble, ces actions parallèles montrent comment une pression coordonnée peut remodeler l’environnement maritime bien au-delà d’une seule frappe ou saisie. Les effets pratiques se cumulent rapidement. Chaque pétrolier saisi ou neutralisé retire immédiatement de la capacité de transport, perturbe les calendriers de chargement dans des hubs comme Novorossiïsk et Oust-Louga, et envoie un signal aux assureurs et aux États du pavillon indiquant que l’application des règles est active et imprévisible.

En agissant dans différents théâtres sur une même période, les États-Unis et l’Ukraine ont transformé des perturbations régionales en un problème global pour la logistique pétrolière russe. Les corridors maritimes sûrs disparaissent les uns après les autres à mesure que l’application des mesures s’étend à plusieurs mers. À mesure que ces brèches s’élargissent, les flux de revenus qui soutiennent l’effort de guerre russe subissent une pression croissante.

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