La Syrie accélère le retrait des Russes et sécurise ses sites les plus stratégiques

Feb 27, 2026
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Les développements les plus significatifs de la journée concernent la Syrie.

Depuis plus d'une décennie, la Syrie a été façonnée par la guerre, la fragmentation et l'enracinement profond de l'influence militaire russe, qui semblait autrefois impossible à déloger. Cependant, des signes émergent indiquant que cette présence de longue date est désormais remise en question d'une manière qui pourrait redéfinir la répartition de l'autorité réelle et de l'influence au sein du nouvel État syrien en formation.

Le nouveau gouvernement syrien a ordonné le retrait complet de tout le personnel et des avoirs militaires russes de Qamishli. Les forces russes avaient investi le site en 2019 en vertu d'un accord avec les FDS, qui contrôlaient alors une grande partie du nord-est du pays.

Avec la chute des autorités kurdes en Syrie et l'intégration progressive de leurs structures autonomes dans le nouveau système administratif et militaire syrien, le gouvernement de Damas a entrepris d'affirmer sa pleine autorité sur l'aéroport. Les unités russes ont déjà commencé le transfert d'équipements depuis le site, certains convois se dirigeant vers l'ouest en direction de la base aérienne de Hmeimim, et d'autres vers la Russie pour être ensuite redéployés en Ukraine.

Bien que cette évolution ne représente pas encore une expulsion à l'échelle nationale, elle accélère une tendance plus large de déclin de l'influence russe, marquée par la chute d'Assad. La présence de la Russie en Syrie était autrefois ancrée dans un réseau de positions s'étendant de la côte méditerranéenne à la frontière irakienne.

Cependant, depuis 2025, le nouveau gouvernement syrien a resserré son contrôle sur le port de Tartous et d'autres installations environnantes, réduisant l'autonomie dont la Russie y jouissait autrefois. Les actifs russes restants en Syrie sont désormais concentrés à l'ouest, sur la base aérienne de Hmeimim, qui continue d'accueillir des aéronefs russes, des systèmes de défense antiaérienne et un contingent réduit de personnel militaire.

Les États-Unis traversent un processus parallèle mais distinct. Plusieurs bases américaines dans le nord-est, notamment Al-Tanf et Al-Shaddadi, sont également en cours de transfert aux forces gouvernementales syriennes. Celles-ci comprennent des installations précédemment utilisées pour soutenir les opérations contre l'État islamique et pour la coordination avec les anciens partenaires kurdes.

Cependant, ce départ est volontaire et non contraint, car les États-Unis n'ont jamais combattu le nouveau gouvernement syrien et ne sont pas intervenus lorsque l'armée syrienne a entamé son avance contre les Kurdes, pourtant anciens alliés des États-Unis dans la lutte contre Daech. Au contraire, Washington a totalement réorienté sa position pour soutenir un État syrien unifié. En conséquence, des entreprises américaines négocient déjà des contrats d'exploitation avec le gouvernement syrien pour les champs pétroliers précédemment contrôlés par les Kurdes.

Le contraste entre les deux retraits est significatif, les États-Unis procédant à des transferts structurés qui s'apparentent à des délégations de responsabilité négociées. Cela reflète une transition de l'implication militaire vers l'engagement économique, Washington garantissant la continuité de son accès tout en réduisant son empreinte physique.

Les responsables syriens maintiennent également des canaux pragmatiques avec les États-Unis, incluant des visites diplomatiques et des discussions sur la stabilité régionale. La Russie, en revanche, est évincée du nord-est alors que son rôle de garant de la sécurité s'est évaporé.

La Russie reste associée à l'ère précédente du conflit, lorsqu'elle a soutenu le régime d'Assad par une assistance militaire et économique directe, l'aidant à survivre avant de succomber finalement à l'incapacité de Moscou à empêcher sa chute. À mesure que l'influence russe s'étiole, la nouvelle Syrie réoriente ses alliances et affirme une plus grande autonomie.

Sur le plan stratégique, le nouveau gouvernement syrien élargit ses canaux diplomatiques tout en consolidant ses structures de sécurité interne. Le gouvernement conclut de nouveaux accords qui ne concernent pas uniquement les États-Unis, tels que des investissements majeurs dans les infrastructures énergétiques de la part du Qatar et de la Turquie, s'élevant à plusieurs milliards de dollars.

L'Union européenne a similairement opéré une transition d'une politique d'isolement vers un engagement actif avec la Syrie, promettant un paquet financier de 620 millions d'euros pour 2026 et 2027 afin de faciliter l'investissement privé et la reconstruction socio-économique.

Ces initiatives, parallèlement à une dynamique de nationalisation des bases militaires étrangères, indiquent une stratégie globale visant à stabiliser l'État et à réduire l'autonomie militaire extérieure sur son territoire. Il reste incertain de savoir si cette trajectoire positionnera la Syrie comme un acteur régional de premier plan ou si elle ne fera que restaurer la cohérence interne, compte tenu de la longue période de guerre et de fragmentation. La capacité du pays à faire face aux contraintes économiques, aux besoins de reconstruction et à un environnement régional complexe déterminera l'ampleur de sa résurgence.

Globalement, le retrait des forces russes du nord-est et le départ coordonné des unités américaines illustrent l'effort de la Syrie pour reprendre le contrôle direct de son territoire et de son architecture de sécurité. Le gouvernement maintient une flexibilité diplomatique, des incitations économiques et une consolidation militaire pour remodeler son environnement stratégique. Ces développements suggèrent un État en quête d'une souveraineté renouvelée après des années de fragmentation et de dépendance étrangère. L'étendue de la résurgence syrienne dépendra de sa capacité à gérer ses relations régionales, à reconstruire ses institutions et à maintenir sa cohésion interne lors de sa transition vers une nouvelle phase politique.

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