La Russie déploie des systèmes de secours précaires face à la crise des transmissions

Mar 26, 2026
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Aujourd'hui, les informations les plus marquantes nous parviennent de Russie.

Alors que l'interruption de la connectivité Starlink a plongé les troupes russes en première ligne dans une situation critique, les autorités russes s'efforcent délibérément de minimiser la gravité de la situation depuis plusieurs semaines. Toutefois, en coulisses, des ordres et des mesures d'urgence sont pris pour colmater les lignes de communication défaillantes par des solutions de fortune, tandis que le théâtre d'opérations sombre progressivement dans un chaos total.

Récemment, le ministère de la Défense de la Fédération de Russie a déclaré officiellement que Starlink n'avait jamais été considéré comme une infrastructure critique pour les forces armées russes. Les autorités affirment plutôt que la Russie n'utilisait la connexion Starlink que comme une tactique psychologique, dont l'objectif principal était de désorienter les Ukrainiens et d'influencer leurs opérations militaires. Par cette déclaration, le commandement russe entend démontrer fermement, tant à la communauté internationale qu'à son opinion publique, que la situation demeure sous contrôle et qu'aucune inquiétude n'est justifiée.

Pourtant, la réalité opérationnelle sur le terrain contredit formellement ces assurances. Selon l'Institute for the Study of War, la perte de connectivité Starlink a été une cause directe du retrait des forces armées russes de près de 500 kilomètres carrés de territoire occupés dans le sud-est de l'Ukraine, sous l'effet conjugué d'attaques coordonnées intenses menées par les forces ukrainiennes. Cette rupture a de fait neutralisé l'ensemble de la chaîne de commandement russe sur la ligne de front. Un haut responsable ukrainien a par ailleurs précisé que les opérateurs de drones russes ont perdu leur capacité à frapper la logistique ukrainienne à des distances comprises entre 100 et 250 kilomètres du front.

Enfin, selon un commandant du 3e corps d'armée ukrainien, le ratio de pertes était auparavant d'environ un contre huit en faveur de l'Ukraine. Cependant, après la coupure de Starlink, ce chiffre est passé à environ un contre treize. Il est en effet devenu beaucoup plus complexe de détecter avec précision les positions de tir ukrainiennes et de transmettre ces informations aux systèmes d'appui-feu, eux-mêmes moins nombreux en raison de l'inopérabilité de nombreux systèmes de frappe par drones.

Cette situation complexe contraint la Russie à adopter plusieurs nouvelles stratégies improvisées pour restaurer et renforcer ses capacités de communication, notamment les ponts Wi-Fi. Pour établir un pont Wi-Fi, les forces russes déploient un grand nombre d'antennes sans fil à haute capacité, s'étendant de la ligne de front jusqu'à l'arrière, où elles sont reliées à une source internet principale pour assurer le transfert de données bidirectionnel.

Toutefois, si ces ponts Wi-Fi permettent aux Russes de réactiver partiellement leurs capacités de frappe par drones et leurs réseaux de communication, ils présentent de graves vulnérabilités. Ces antennes étant montées sur des pylônes élevés et positionnées dans des zones dégagées et visibles pour maximiser leur portée, les opérateurs de drones ukrainiens peuvent facilement identifier ces cibles.

Des images géolocalisées montrent déjà plusieurs cas où des drones FPV ukrainiens ont éliminé des soldats russes lors de l'installation de tels réseaux. D'autres rapports indiquent qu'un bataillon à Stepnohirsk a détruit 43 de ces relais au cours des seuls derniers jours.

Ces antennes formant un réseau maillé étendu le long du front, transférant les signaux de proche en proche, la destruction d'une seule unité peut briser l'intégralité de la chaîne de transfert de données russe, paralysant de fait le système de communication. En outre, lorsqu'un opérateur de drone ukrainien localise une antenne russe, l'analyse du signal permet d'identifier aisément les opérateurs de drones et les stations de guerre électronique russes à proximité, les exposant à un risque de frappe directe.

Parallèlement, la Russie a déployé une plateforme de ballon stratosphérique à haute altitude nommée Barazh-1 pour émuler les communications par satellite. Le ballon Barazh-1 évolue à une altitude d'environ 20 kilomètres, ce qui le protège des menaces posées par les drones intercepteurs ukrainiens. Il est capable d'emporter un terminal réseau 5G, fonctionnant ainsi comme un nœud de relais à haute altitude permettant aux unités stationnées sur le front russe de communiquer rapidement et de manière continue.

De plus, le ballon Barazh-1 est équipé d'un système de ballast pneumatique qui ajuste automatiquement son altitude, lui permettant de maintenir une position relative au-dessus d'une zone désignée en exploitant les courants stratosphériques sans recours à une propulsion conventionnelle.

Néanmoins, bien que les sources russes fassent état du lancement réussi de plusieurs ballons ces dernières semaines, leur autonomie en vol ne dépasse pas quelques semaines. Cela implique que pour maintenir des communications ininterrompues, les plateformes doivent être remplacées en permanence. Par ailleurs, la couverture de chaque ballon russe est limitée par rapport à celle des satellites, ce qui rend difficile la surveillance de zones étendues. Enfin, de nombreux systèmes de défense aérienne ukrainiens peuvent facilement neutraliser des cibles à ces altitudes, tels que le S-300, le SAMP-T, ou même des chasseurs équipés de missiles Sidewinder. Par conséquent, si un ballon internet russe s'approche trop de l'espace aérien ukrainien, il peut être rapidement détruit, annihilant totalement son impact stratégique et tactique.

Globalement, si les systèmes domestiques et improvisés de la Russie sont techniquement capables de restaurer la transmission de données, ils accusent un retard fondamental par rapport au réseau satellitaire Starlink en orbite terrestre basse. Ces systèmes présentent des taux de transfert de données inférieurs, nécessitent des antennes volumineuses à forte consommation d'énergie et ne se prêtent ni à un déploiement rapide ni à une dissimulation efficace à proximité des lignes de front.

Bien que ces solutions offrent à la Russie un certain répit à court terme, leur efficacité à long terme devrait s'avérer insuffisante. En conséquence, la Russie consacre un temps et des efforts précieux à des technologies conçues pour répondre à des problématiques temporaires et civiles, entravant ainsi le développement d'un système de communication militaire russe pérenne pour l'avenir.

06:02

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