Aujourd’hui, les nouvelles les plus marquantes nous parviennent du Soudan.
Le pays est le théâtre d’une escalade de la guerre des drones qui transforme le conflit en l’un des affrontements les plus denses sur le plan technologique dans la région. Toutefois, la diffusion de ces systèmes au sein des deux factions fige la guerre dans un schéma d’usure lente qui commence à refléter le conflit en Ukraine.

Le commandant des Forces de soutien rapide (RSF) a récemment affirmé que sans les drones fournis aux Forces armées soudanaises (SAF), le conflit serait déjà terminé. Cette déclaration reflète une nouvelle réalité dans laquelle les drones ont modifié l'équilibre des forces, empêchant l'une ou l'autre partie de réaliser une percée rapide. La capacité des SAF à intégrer de nouveaux systèmes, notamment le Mohajer-6 iranien et les modèles turcs Bayraktar, leur a permis de surmonter des revers antérieurs, de regagner du terrain sur des routes stratégiques et de briser l'encerclement de Dilling. En fait, ces systèmes ont accru les capacités de surveillance et de frappe des SAF, ce qui a ralenti l'avance des RSF et les a forcées à repenser leur stratégie.

Les RSF ont été les premières à déployer des drones sur le champ de bataille soudanais, ce qui leur a initialement donné un avantage. Les RSF utilisent des drones CH-95 et d'autres quadricoptères commerciaux modifiés capables de transporter des obus de mortier. Désormais, les deux camps exploitent une large gamme de systèmes, y compris des drones à longue portée tels que les Bayraktar TB2 et les Mohajer-6 fournis par l'Iran, utilisés par les forces des SAF.

Des réseaux de soutien externes ont rendu cette expansion possible, la Turquie et la Russie approvisionnant les SAF, tandis que les RSF reçoivent du matériel via des corridors logistiques provenant de la Libye et du Tchad voisins. Ces livraisons normalisent l'utilisation des drones dans l'ensemble du conflit et augmentent la fréquence et la dispersion géographique des frappes.

En fait, les deux parties utilisent désormais des drones FPV et de petits drones bombardiers, étendant leur rayon d'action opérationnel et empêchant les concentrations d'infanterie. Les troupes stationnées dans des tranchées sans protection aérienne sont également vulnérables, car les drones peuvent les repérer et frapper par le haut. Surtout, les drones peuvent cibler les véhicules blindés et les frapper dans leurs points vulnérables, tels que le toit et l'arrière, une criticité qui a imposé une refonte complète des chars sur le champ de bataille ukrainien. L'effet cumulatif est l'usure et la lenteur des manœuvres offensives, ce qui oblige les unités à se déplacer avec prudence, à éviter les terrains découverts et à se relocaliser constamment.

Cependant, la guerre des drones au Soudan s'étend désormais bien au-delà des engagements de première ligne. Le gouvernement soudanais a accusé l'Éthiopie de favoriser l'activité des RSF en permettant à des drones à longue portée de frapper les bases aériennes des SAF, ce qui accroît la pression sur une logistique déjà tendue, comme on l'observe en Ukraine. De même, l'Égypte a soutenu les SAF par des frappes de drones transfrontalières contre les positions des RSF. Les drones sont également utilisés pour des ciblages de haut profil, comme en témoignent les frappes antérieures des SAF qui ont éliminé un conseiller principal du commandant des RSF.

Comme aucun camp n'a réussi jusqu'à présent à s'assurer la supériorité aérienne, les drones sont devenus l'alternative viable aux combats au Soudan. Toutefois, les SAF se concentrent de plus en plus sur le démantèlement des défenses aériennes des RSF, ce qui pourrait rouvrir l'espace aérien à leur armée de l'air.

Les défenses aériennes des RSF, y compris des systèmes tels que le FK-2000, limitent la capacité des SAF à opérer des aéronefs, réduisant ainsi le flux de fournitures et de personnel vers les villes assiégées. Sans ces défenses aériennes et dans un espace aérien non contesté, les SAF pourraient plus facilement briser les encerclements de villes et effectuer des frappes de bombardiers, causant de lourdes pertes.


En fait, si l'un des camps contrôlait le ciel, l'utilisation des drones déclinerait immédiatement, car les frappes aériennes deviendraient extrêmement efficaces. Actuellement, l'espace aérien contesté reflète la situation en Ukraine, poussant les deux parties vers une utilisation intensive des drones et produisant un champ de bataille façonné par l'usure plutôt que par la manœuvre.


Un schéma similaire émerge au Soudan, où les frappes de drones continues sur le front et à l'arrière empêchent chaque faction de consolider ses gains, étendant davantage la zone grise.

Globalement, la prolifération des drones au Soudan a transformé le conflit en une confrontation d'usure, façonnée par des fournisseurs externes, l'évolution des tactiques et l'absence de supériorité aérienne. Leur utilisation est passée des frappes de première ligne à des opérations à longue portée ciblant les infrastructures et les bases aériennes, renforçant un modèle d'usure. Ce basculement suggère que la guerre continuera de ressembler à d'autres conflits riches en drones, où la technologie ralentit la prise de décision plutôt qu'elle ne l'accélère. La dépendance croissante à l'égard des drones soulève également des questions sur la manière dont les futures négociations ou accords de cessez-le-feu traiteront cette menace persistante.


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