Aujourd’hui, les nouvelles les plus importantes viennent de Moldavie.
Pendant des années, le pays a vécu avec une tension silencieuse à sa frontière orientale, où un ancien conflit avec la Russie restait en arrière-plan et influençait la politique sans attirer beaucoup d’attention. Cet équilibre n’existe plus, car la Moldavie et l’Ukraine ont commencé à fermer l’accès qui a maintenu ce conflit vivant pendant des décennies.

L’Ukraine et la Moldavie ont désormais mis en place conjointement un blocus total contre la Transnistrie, marquant un changement clair de politique, en fermant tous les points de passage et en appliquant des contrôles douaniers et de sécurité à tout ce qui entre ou sort de la région. À minuit le premier janvier, l’Ukraine a commencé à appliquer des contrôles stricts le long des quelque quatre cent cinquante kilomètres de frontière avec la Transnistrie, exigeant des inspections pour tout déplacement autorisé de biens ou de personnes.

Parallèlement, les autorités moldaves ont renforcé les points de contrôle et étendu la surveillance frontalière, en utilisant des unités mobiles pour soutenir les contrôles au-delà des passages fixes. Ensemble, ces mesures transforment la Transnistrie, d’une zone grise que la Russie pouvait gérer discrètement, en un espace contrôlé où tout soutien extérieur devient très visible.

L’objectif de cette initiative est de couper l’influence russe en Transnistrie sans déclencher de guerre. Progressivement, elle vise également à affaiblir le pouvoir de la Russie dans une région qu’elle utilise pour faire pression depuis 1992. Cela commence par l’isolement politique, alors que la direction séparatiste perd ses contacts extérieurs et sa liberté d’agir de manière autonome. Le blocus affecte aussi la logistique, car environ mille cinq cents soldats russes dépendent d’un approvisionnement régulier en carburant, matériel et vivres quotidiens. Pendant des années, une grande partie de ce soutien transitait par des routes commerciales informelles, des entreprises amies et des contrôles douaniers laxistes qui échappaient au contrôle total de la Moldavie. En fermant ces routes, la Moldavie et l’Ukraine rendent la présence russe plus difficile à maintenir et beaucoup moins efficace comme outil de pression près de l’Union européenne.

Le blocus repose sur des contrôles de base aux frontières, dans l’espace aérien et aux douanes, que les deux pays ont le droit légal d’appliquer, sans recourir à la force ni provoquer d’affrontements. La Moldavie et l’Ukraine coordonnent désormais leurs systèmes frontaliers, de sorte que personnes et biens ne peuvent circuler que si les deux parties l’autorisent, comblant les lacunes qui existaient auparavant.

Le contrôle de l’espace aérien par la Moldavie bloque toute livraison par air en Transnistrie, tandis que le trafic ferroviaire et routier est stoppé à moins qu’il ne respecte des règles douanières strictes. En termes simples, la Transnistrie n’est plus une zone de passage libre, mais une région strictement contrôlée où le soutien extérieur est difficile et visible.

Parallèlement, le gouvernement moldave renforce le contrôle à l’intérieur du pays en ramenant les régions autonomes plus fermement sous l’autorité centrale, réduisant ainsi la marge de manœuvre pour l’influence russe. Cette consolidation interne est étroitement liée au blocus, car couper l’accès extérieur de la Transnistrie prive également les acteurs alignés sur la Russie d’une source clé de soutien politique et économique à l’intérieur de la Moldavie. Sans routes terrestres, sans accès aérien et sans flux commerciaux légaux, la Russie ne peut plus facilement financer, approvisionner ou coordonner la pression via les groupes et alliés locaux. Cela affaiblit les réseaux d’influence qui dépendaient du soutien transfrontalier et facilite l’affirmation du contrôle du gouvernement central sur les régions autonomes. Toute tentative secrète de faire passer des fournitures ou d’exercer une influence est désormais fortement exposée, tandis que tout soutien militaire ouvert est impossible sans traverser le territoire ukrainien ou moldave.

La Russie dispose de très peu de moyens réalistes pour réagir, car il n’existe aucun itinéraire sûr pour envoyer des fournitures ou faire tourner les troupes sans passer par des zones entièrement contrôlées par la Moldavie ou l’Ukraine. Les tentatives de contourner le blocus en secret entraîneraient de lourds coûts politiques si elles étaient découvertes, tandis que les efforts ouverts attireraient rapidement l’attention internationale. Sans accès maritime et sans liaison aérienne praticable, la région enclavée ne peut pas être soutenue de manière fiable depuis l’extérieur, ce qui signifie que l’influence russe continue de diminuer au fil du temps et que les options locales se réduisent progressivement.

Dans l’ensemble, ce blocus conjoint montre un changement clair dans la manière dont la Moldavie et l’Ukraine gèrent l’influence russe, en choisissant une pression constante plutôt qu’un conflit ouvert. En coupant la Transnistrie du commerce qui la faisait fonctionner en dehors du contrôle moldave, les deux pays rendent plus difficile l’utilisation de la région par la Russie. Il ne s’agit pas de déclencher un combat, mais de resserrer progressivement le contrôle par les lois et l’application des règles. Si la pression se maintient, la position de la Russie en Transnistrie s’affaiblira au fil du temps, tandis que la Moldavie se rapprochera de liens de sécurité plus forts avec l’Europe.


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