La Russie coupe Internet pour arrêter les drones, mais la menace s’est déjà déplacée.

Feb 15, 2026
Share
24 Commentaires

Aujourd’hui, les informations les plus importantes proviennent de Russie.

Dans les régions occidentales du pays, la Russie coupe les réseaux mobiles chaque fois qu’apparaît la menace de drones ukrainiens à longue portée, plongeant des villes entières dans une obscurité numérique destinée à protéger les infrastructures stratégiques. Pourtant, ces coupures massives représentent une réponse désespérée et inefficace à un problème de champ de bataille qui a déjà évolué au-delà de ces mesures, mettant en évidence un écart croissant entre les menaces ukrainiennes et la réaction russe.

Chaque fois que des vagues de drones ukrainiens à longue portée sont détectées en direction du territoire russe, les autorités régionales coupent l’internet mobile ainsi qu’une large partie des télécommunications. L’objectif est clair : perturber les systèmes de navigation liés aux cartes SIM, supposés guider les drones vers leurs cibles. En dégradant la disponibilité du signal, les autorités espèrent désorienter les appareils entrants ou les forcer à dévier de leur trajectoire avant qu’ils n’atteignent des infrastructures critiques.

Dans la pratique, les résultats ne sont pas concluants. Si les perturbations locales du signal peuvent compliquer certaines méthodes de guidage, elles n’ont pas ralenti le rythme des frappes ukrainiennes. Les drones continuent de pénétrer l’espace aérien et de frapper des dépôts pétroliers, des aérodromes et des sites industriels malgré les coupures répétées.

Pendant ce temps, l’impact immédiat et prévisible touche les civils. Les habitants signalent des pertes d’accès aux services bancaires et aux communications d’urgence, parfois pendant plusieurs heures. Cette situation suscite une frustration croissante au sein de la population, la vie quotidienne étant perturbée à grande échelle alors même que les attaques que ces coupures sont censées empêcher continuent de se produire, ce qui soulève des doutes quant à leur réelle efficacité défensive.

Les autorités russes ont recours à des coupures massives d’internet mobile parce qu’au début de la guerre, les vagues de frappes ukrainiennes à longue portée reposaient en grande partie sur l’accès aux réseaux cellulaires russes. Les plateformes d’attaque ukrainiennes avaient été adaptées pour utiliser des cartes SIM disponibles dans le commerce afin de recevoir des mises à jour en cours de vol ou d’affiner la navigation grâce aux données mobiles.

En s’appuyant sur les infrastructures nationales de télécommunications, ces systèmes pouvaient étendre leur portée opérationnelle et maintenir un contrôle flexible plus profondément à l’intérieur du territoire russe que ne le permettaient les liaisons traditionnelles en visibilité directe.

Face à cette méthode, les contre-mesures russes se sont concentrées sur la suppression même de l’accès au réseau qui la rendait possible. Plutôt que de cibler chaque drone individuellement, les autorités ont opté pour une suppression généralisée des télécommunications, désactivant les antennes d’internet mobile le long des trajectoires de vol prévues et autour des installations sensibles. La logique était celle de l’efficacité défensive : si les drones dépendaient de la connectivité cellulaire, la couper pouvait réduire leur précision, interrompre le guidage par les opérateurs ou les contraindre à recourir à une navigation de secours moins précise. En pratique, la Russie a choisi de viser son propre écosystème de télécommunications comme bouclier protecteur, privilégiant la privation d’infrastructure pour contrer une technique de frappe ukrainienne alors émergente.

De nombreuses plateformes s’appuient désormais sur des trajectoires de vol préprogrammées guidées par des systèmes de navigation inertielle qui ne nécessitent aucune assistance extérieure. Elles sont également associées à la navigation par satellite et à des technologies optiques de reconnaissance du terrain pour déterminer leur position et leur trajectoire. Ces dispositifs permettent aux drones de suivre de manière autonome des itinéraires complexes, même dans des environnements fortement brouillés sur le plan électronique.

En outre, les drones d’attaque à usage unique sont souvent conçus pour accomplir leur mission sans aucune intervention en cours de vol, ne transmettant que peu ou pas de données après leur lancement puisque la trajectoire est déjà définie, ce qui les rend plus difficiles à détecter et totalement indépendants. Par conséquent, la coupure des réseaux mobiles a presque aucun impact opérationnel sur le taux de réussite des frappes.

Ainsi, au lieu de rompre les liaisons de contrôle, les pannes affectent principalement la connectivité civile, tandis que les drones poursuivent leur route sans entrave vers leurs cibles. La persistance de cette contre-mesure met en évidence un retard institutionnel : la Russie continue de chercher à contrer une méthode de guidage que les forces ukrainiennes ont depuis longtemps dépassée, ce qui se révèle inefficace face aux améliorations technologiques ukrainiennes.

Dans l’ensemble, la dépendance de la Russie aux coupures de communication révèle un cadre défensif calibré pour des menaces dépassées plutôt que pour la réalité opérationnelle actuelle. En privilégiant la privation d’infrastructures, les autorités imposent des coûts sociaux considérables tout en obtenant des gains tactiques de plus en plus limités face à des systèmes de frappe de plus en plus autonomes. Cette dynamique met non seulement à l’épreuve la tolérance des civils, mais signale également une adaptation plus lente au sein de la doctrine russe de lutte contre les drones par rapport au rythme de l’innovation ukrainienne, ce qui remet en question la crédibilité de la Russie dans la défense de son propre territoire. Sur le plan stratégique, cette pratique illustre comment des mesures réactives risquent d’aggraver la vulnérabilité au lieu de la réduire, renforçant la perception que les tactiques russes contre les drones à longue portée restent structurellement en retard d’un pas face à l’innovation ukrainienne.

00:00

Commentaires

0
Actif : 0
Loader
Soyez le premier à laisser un commentaire.
Quelqu'un est en train de taper...
No Name
Set
il y a 4 ans
Modérateur
This is the actual comment. It's can be long or short. And must contain only text information.
(Edité)
Votre commentaire apparaîtra une fois approuvé par un modérateur.
No Name
Set
2 years ago
Modérateur
This is the actual comment. It's can be long or short. And must contain only text information.
(Edité)
Charger plus de réponses
Thank you! Your submission has been received!
Oops! Something went wrong while submitting the form.
Charger plus de commentaires
Loader
Loading

George Stephanopoulos throws a fit after Trump, son blame democrats for assassination attempts

Par
Ariela Tomson

George Stephanopoulos throws a fit after Trump, son blame democrats for assassination attempts

By
Ariela Tomson
No items found.

Hotwire