Aujourd’hui, les nouvelles les plus importantes viennent du système énergétique ukrainien.
Ici, le pays peine à maintenir l’électricité pendant la campagne hivernale de frappes russes. Ce qui change la donne, c’est que la Russie cible désormais directement les systèmes énergétiques liés aux centrales nucléaires ukrainiennes, poussant la crise énergétique dans une phase beaucoup plus dangereuse.

La campagne de frappes russes a dégradé le système énergétique ukrainien au point qu’il fonctionne désormais essentiellement grâce à l’électricité produite par seulement trois centrales nucléaires. Cette dépendance existe parce que les centrales thermiques et autres sources de production ont été gravement endommagées, laissant la production nucléaire comme seule source à grande échelle. La vulnérabilité principale réside dans la structure du réseau électrique plutôt que dans les réacteurs eux-mêmes. L’électricité circule via des lignes à haute tension et des postes de transformation qui équilibrent l’approvisionnement entre les régions, et la Russie cherche délibérément à fracturer ce système en îlots énergétiques isolés.

Un îlot énergétique se forme lorsque les liaisons de transmission clés sont détruites, empêchant le transfert d’électricité entre les régions. En pratique, une centrale nucléaire peut continuer à produire de l’électricité tandis que les grandes villes n’en reçoivent aucune, car les itinéraires qui transportent le courant ont été coupés. Parallèlement, les stocks d’intercepteurs de la défense aérienne ukrainienne s’épuisent, limitant la protection des nœuds critiques restants du réseau.

Avec la plupart des centrales déjà hors service, la Russie est passée à une approche plus dangereuse en frappant les postes de transformation qui relient les centrales nucléaires au reste du pays. Ces postes sont les points où l’électricité quitte les centrales et entre dans les lignes à haute tension qui alimentent villes et industries. Une vague a touché les infrastructures de transmission dans et autour de Kyiv, laissant plus d’un million de foyers sans électricité et privant de chauffage des milliers d’immeubles.

Une autre frappe a ciblé des nœuds similaires dans d’autres régions, provoquant des pannes régionales étendues. Dans les deux cas, les frappes n’ont pas réussi à rompre complètement les connexions entre les centrales nucléaires et le réseau national. Si ces liaisons avaient été coupées avec succès, les centrales auraient pu continuer à fonctionner, mais leur électricité n’aurait plus atteint les villes, les systèmes de transport ou les installations industrielles.

Ces frappes visaient à infliger un coup décisif à un moment où l’on pensait que les stocks de défense aérienne ukrainiens étaient presque épuisés. Dans les jours précédant les attaques, l’Ukraine a reçu de nouveaux munitions de défense aérienne de ses alliés européens, restaurant une capacité d’interception limitée. Les planificateurs russes supposaient que les défenses ukrainiennes étaient largement épuisées, et les frappes se sont donc concentrées sur le volume et les cibles clés plutôt que sur la neutralisation des défenses actives.

Les attaques ont provoqué des dommages et des pannes étendues, mais la disponibilité des intercepteurs a permis à l’Ukraine de protéger le petit nombre de centrales et de lignes de transmission dont la perte aurait fractionné le réseau. Les deux tentatives n’ont pas entraîné un effondrement du système à l’échelle nationale, laissant le réseau électrique opérationnel avec une capacité réduite pour absorber de nouvelles attaques.

Les frappes russes sont programmées pour la période la plus froide de l’hiver, avec des températures atteignant moins trente degrés Celsius. La demande d’électricité est maximale dans ces conditions, car les systèmes de chauffage et les services essentiels dépendent davantage d’une alimentation continue. Le froid ralentit également les réparations, car les équipements tombent plus facilement en panne et les équipes doivent travailler dans des conditions glaciales, tandis que les alertes aériennes interrompent à plusieurs reprises la restauration. Les équipes de réparation ukrainiennes travaillent sans relâche pour stabiliser les postes et rerouter les flux d’électricité. L’impact sur les civils provient de la perte d’électricité et de chauffage pendant plusieurs jours par grand froid, plutôt que des frappes elles-mêmes.

Au fur et à mesure que les pannes se prolongent et que le chauffage disparaît par grand froid, les pays européens sont intervenus avec une aide énergétique d’urgence, livrant générateurs, transformateurs et financements d’environ 415,7 millions d’euros pour aider à rétablir l’électricité et maintenir le chauffage. Ce soutien vise à réduire le temps entre les dommages et la restauration et à éviter que les pannes ne se propagent dans le système. Parallèlement, une réunion d’urgence de coordination du G7 a aligné une aide énergétique et un financement supplémentaires. L’objectif est de maintenir le réseau opérationnel tout l’hiver en développant des sources d’énergie mobiles et de secours et en réduisant la dépendance aux lignes de transmission facilement endommagées.

Dans l’ensemble, le système énergétique ukrainien dépend désormais du maintien en service de trois centrales nucléaires reliées à un réseau de transmission constamment attaqué. Le réapprovisionnement d’urgence en défense aérienne et l’aide énergétique étrangère ont amélioré les marges de sécurité à court terme, mais n’ont pas supprimé les vulnérabilités structurelles. La stabilité continue du réseau dépend de la disponibilité des intercepteurs, de réparations rapides et d’un soutien international soutenu. L’Ukraine reste opérationnelle pour l’instant, ayant jusqu’ici maintenu le lien des centrales nucléaires au réseau national, bien qu’elle continue de faire face au risque de nouvelles frappes.


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